Dans mes champs urbains on cultive weed ou Shakespeare, anti-rides au parfum cerise. Casque niquant tes bouclettes ou tes tympans, du shit dans les cheveux, le vent dans les yeux. Conjonctivites chroniques, courants d'air, de modes, fièvreuse du toujours plus, toujours mieux. Excès en tout genre, ma génération n'a pas su que raisonnable avait encore sa place dans la langue de Molière. On ne boit pas une goutte d'alcool; des milliards qui coulent comme du lait miel pour gorge irritée. De la crème coco pour début de cellulite, abus d'rictus pour masquer le malaise. On s'invite pour pisser dans la baignoire mais on nous excusera; on a Gainsbourg dans les oreilles et l'on s'ennuie pendant les heures de sommeil. Particulièrement antisocial durant les partys cuillère dorée dans le cul. Maman m'a mal élevée et souhaite maintenant que ce soit psychologies magazine qui prenne le relais. Demain je devrais montrer mes grillz pour pouvoir rentrer dans leur fameux grille-pain.Trouves-moi une vie en requiem, quant à trois heure l'ordinateur entame une nuit blanche, que mes pensées grouillent de vie. Quand les hanches s'affolent sur le mur, j'offre une taffe pour l'instant présent, lâche un soupir pour demain futur, demain trop dur. Fainéantise affichée, on se fait chier sans centimes sacrés. Stress, sucre cristalisé sous les ongles, griffes cacao sur sweats dégriffés, grimaces graves sur un air de grunge. Plus de lignes dans mes cahiers, on part en feestyle n'importe où, en stop ou en taxi. Du blues sous le blouson. Dans mes champs urbains on cultive beauté du beat, de belles plantes posées sur les orties. De la rage en kit bon marché, celui du bonheur étant trop cher, on s'est encore retrouvés chez ED. L'ère trop rude, le nerf optique tendu et l'air perdu. On engloutit la vie en évitant les égouts, les rêves au goût trop réjouissant. Des soupirs de Donna pour le souper au Notorious Kim pour l'amour en dentelle. Les oreilles nourries au free jazz,le regard dans les toiles de Basquiat, l'étoile de NY. La nuit, ses promesses, les pomenades à l'heure de la messe en matant ceux qui préfère la peau de pêche au chapeau melon. Et les jours où la vie n'est plus si fruitée, quand je vois ceux si friqués qui noyent leurs bébés de Dior chérie, j'asperge mon esprit à coups de Neneh Cherry,espérant trouver les plus douces sucreries en moi, et non à la parfumerie.